Laetitia Combe, alias “Nydenlafée”, est une artiste féministe aux multiples visages, à la fois sorcière et scientifique. Elle brandie ses paradoxes et ses dualités comme fer de lance pour déconstruire les normes. Résidente à Clans, dans le haut-pays niçois et diplômée dans la recherche universitaire, elle s’intéresse à l’histoire des émotions et aux pratiques sonores comme patrimoine sensible. Des sujets qu’elle questionne dans sa pratique de plasticienne et de performeuse. Militante, elle explore la multiplicité des formes et des corps pour défaire les archétypes et détruire les frontières que sont les injonctions sociales.

A Nice, Nydenlafée se fait connaître du public du milieu sub-culturel et contre-culturel. D’expositions en performances, elle entre dans le réseau d’artistes des Urbains de Minuit, de 2013 à 2015, où elle milite activement et écrit des articles dans son web-journal éponyme. Elle participe à l’organisation du festival de la Saint Narcisse et dans ce même temps, crée, avec de jeunes artistes émergeants, le collectif l’Artocrate et son web-fanzine.

Elle s’investit dans la vie culturelle et artistique de son village ; auprès de l’Atelier Expérimental, de l’association LeZampi et de l’association On sort le grand jeu. Au sein de ces deux dernières, elle participe à l’organisation du festival Clans Sort le Grand Jeu, une convention ludique qui a lieu depuis 2012 et qui se tient toujours le dernier weekend du mois d’août.

Habitée par des créatures étranges, elle vit dans des mondes qui dépassent l’imaginaire. Car ces mondes sont pour elle bien réels et fabriquent son quotidien. C’est sur cette membrane sensible qui nous sépare de l’intangible, qu’elle cultive le temps du rêve et rend ses mondes visibles par le dessin et la peinture ; dans des tableaux, des fanzines, des strips et parfois même en streetart, dans un genre lowbrow et superflat, toujours très empreint des codes de la littérature SFFF. Adepte du made in home et du do it yourself, elle illustre des contes et crée de grandes illustrations qu’elle colle sur les murs de son village, pour guider les visiteur·ses lors de la Nuit du Conte. C’est cet univers très reconnaissable qui a attiré le regard des rôlistes sur ses travaux, alors qu’elle-même pratiquait le jeu de rôle depuis plus de vingt ans.

Ces dernières années, elle illustre dans la littérature ludique, pour Les Apprentis Sorciers de Pierre Petitfrère et Nicolas Oudin en 2020 chez Posidonia Éditions, et Donjon & Cie de Benoît Felten en 2021 chez John Doe Éditions.

Le jeu de rôle est un milieu d’édition et de conventions qui, à l’heure de #MeToo, voit la parole des victimes se libérer et les témoignages entendus. Nydenlafee y milite activement, notamment pour la mise en place d’outils de sécurité émotionnelle lors des parties de jeux, afin de lutter contre le sexisme/racisme/LGBTphobie systémique.

Outre ses actions performatives où elle utilise son corps pour lutter contre la grossophobie, elle dessine depuis de nombreuses années ; de différentes formes de matrices féminines, dans un projet d’artbook intitulé Mandorles et Vulveries, déconstruisant le genre et les normes de la féminité. Tout en se réappropriant les codes de différentes iconographies religieuses construites dans le patriarcat et qui ont longtemps cantonné les femmes dans l’essentialisation. Ce projet fait suite à Vaginal Theory, des portraits de vulves réalisés dans un objectif à la fois poétique et pédagogique, afin de lutter contre les injonctions à la normatisation, au lissage et à l’aseptisation du sexe des femmes, contre les mutilations sexuelles et pour la célébration de la diversité.

Contact avec l’artiste : nydenlafee[at]gmail.com
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